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Début de l’aventure MOOC avec FUN

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Certains des MOOC de France Université Numérique ont commencé. Quoi de mieux pour pouvoir en parler que de les vivre? Démarrage pour ma part de deux cours : un sur le Transmedia storytelling avec l’Université de Bordeaux et un autre sur les Médias interactifs numériques avec le CNAM.

Cours de six semaines, avec supports vidéos et textes, quiz et exercices intermédiaires à envoyer. Pour le cours du CNAM, prise en main du logiciel Processing, le logiciel des artistes en «arts numériques ». C’est parti pour l’aventure!

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Formation au CEPI

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Une formation de deux jours animée par Sylvie Fornero et Serge Damien aura lieu au Centre d’Etudes Pédagogiques Ignatien à Paris le 13 et 14 mars 2014.

Objectifs :

Vivre une expérience d’intelligence collective
Acquérir des outils théoriques
Développer sa pratique réflexive
Descriptif :
A travers des exercices individuels et en groupe, des temps d’élaboration collective,
d’observation et des apports théoriques, la pédagogie choisie fera vivre aux participants dessituations transférables à la classe.
En prenant conscience par la pratique de l’intérêt de cette pédagogie, les participants
pourront la faire vivre à leurs élèves de la même manière, afin de permettre l’émergence de l’intelligence collective.
Dates :
du jeudi 13 mars 2014 (09h00) au vendredi14 mars 20
14 (16h00)
Lieu de la formation : Communauté jésuite St François Xavier – 42, Rue
de Grenelle – 75007

http://www.reseaucep.net/wa_files/PARIS_20l_27intelligence_20collective_2013_2014_20mars_202014.pdf

La coopération, au coeur de l’école de demain

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Emmanuel Davidenkoff intitule sa chronique du 9 janvier 2014 « L’école du futur passera par la pédagogie coopérative », et s’agace des lenteurs de l’enseignement secondaire à changer de paradigme.

En décembre 2013 l’Uqam publie le travail de chercheurs scandinaves qui croisent les différents référentiels de compétences utilisés dans l’enseignement supérieur en Europe et aux Etats Unis pour aboutir à un classement des 10 compétences les plus recherchées au XXIe siècle.

La première compétence est la collaboration, la seconde la communication, la troisième l’usage des TICE.

Autant de signes concordant de la nécessité de penser la pédagogie dès le plus jeune âge autour de la collaboration, qui ne va pas de soi et ne peut se déployer que dans un cadre qui à la fois protège et autorise.

Un pas de côté…

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L’école française repose sur une vision très cartésienne de l’apprentissage. Les savoirs sont organisés en disciplines qui communiquent peu entre elles, les programmes répartissent de façon parfois extrêmement comptable les contenus à transmettre chaque année. Les enfants sont répartis en classes, le «maître» par définition doit «maîtriser» les choses. Il est garant de l’avancée des jeunes. Bref la structure conditionne la pédagogie, souvent centrée sur le contenu et l’expertise disciplinaire de l’enseignant, sa parole, son rythme. Nous n’avons pas le pouvoir de changer le cadre, qui a aussi ses avantages, mais nous pouvons changer notre pédagogie.
Car dans le monde complexe qui est le nôtre, ce cadre de plus en plus difficile à tenir apparaît comme contre-productif ( beaucoup trop d’échecs, ce qui génère une insatisfaction générale). Les enseignants sont peu formés à la réflexivité et ils vont parfois développer face aux difficultés «encore plus de la même chose», encore plus de maîtrise, de programmation, de répression. C’est la solution adoptée qui souvent crée le problème. Voilà quelques uns des freins.
Après de nombreuses années de pratique d’enseignants et de cadres de direction, beaucoup de formations pédagogiques, nous avons suivi récemment une formation en coaching ( école CT). Nous pensons aujourd’hui pouvoir aider les enseignants à s’outiller pour comprendre ce qui se joue dans la classe: leur apporter des outils pour accueillir la complexité, gérer un processus collectif d’apprentissage et rendre les élèves acteurs, pour mieux réguler le groupe, redonner un sens à ce qu’ils font au delà des échéances d’examen. Concrètement cela peut prendre la forme d’une «pédagogie du projet» où l’enseignant leader cherche à mobiliser une équipe sur un projet et d’une «pédagogie du retrait» où l’enseignant se vit plus comme garant du processus d’apprentissage et ressource que comme celui qui sait.
Savoir collaborer est à la fois une compétence-clé à acquérir à l’école pour préparer sa vie professionnelle et également une condition importante pour apprendre. Les élèves sont trop peu souvent encouragés à le faire car cela engendre beaucoup de « bruit » dans les deux sens du terme. Mais on ne réussit pas tout seul…à l’école comme ailleurs.
Les enseignants sont souvent réticents à encourager la collaboration car ils craignent les pertes de temps ou les dysfonctionnements possibles…comme dans l’entreprise!

Rien de révolutionnaire, car beaucoup d’expériences vont déjà en ce sens. Mais c’est très dynamisant pour des enseignants en formation de faire ce «pas de côté». C’est assez proche des problématiques qui se posent au manager dans l’entreprise. A commenter, développer, bien sûr…

Formation à Sainte Marie La Grand Grange à Saint Chamond

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photoLe 3 décembre 2013, quinze enseignants ont participé à un atelier d’une journée mené par Sylvie Fornero autour du thème de l’intelligence collective. Ils ont alterné les apports théoriques et les travaux de groupes, autour de la pédagogie et des évolutions du métier de l’enseignant.

 

Un prochain atelier aura lieu le 15 janvier davantage centré sur la mutualisation des pratiques.

Se former à la complexité de l’école

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L’école est entrée dans l’ère de la complexité.

L’occasion d’un changement politique amène à penser un nouveau projet politique pour l’école. Du bouillonnement qui suit ressort l’idée qu’un grand changement est nécessaire. C’est ce qui se passe à chaque tentative de réforme. L’école évolue en même temps que la société, voire avec un temps de retard. C’est sans doute normal. Mais cette fois-ci, il semble que l’urgence est grande.

Au cours des cinquante dernières années, les sciences humaines ( psychologie, sociologie, pédagogie…) nous ont appris que les maîtres et les élèves sont des personnes globales, présentes avec toutes leurs dimensions émotionnelles, affectives et physiques, que la violence éducative engendre la violence, que le respect ne peut être que réciproque, qu’un groupe ne peut avancer que s’il a un leader qui l’entraîne, toute cette complexité irréductible des rapports humains et du rapport au savoir.

Aujourd’hui, l’entrée dans l’ère numérique ( développement toujours plus rapide des réseaux auxquels sont connectés élèves, professeurs et parents, accès possible et facilité à tous les contenus de savoirs ( bientôt tous connectés à internet en permanence en classe et à la maison), modification des rapports auteur/lecteur ( tous potentiellement auteurs sur des blogs, réseaux sociaux, plateformes d’échanges, tous potentiellement formés et formateurs dans nos domaines professionnels respectifs..) impacte fortement l’école, qui ne peut plus ignorer cette révolution du rapport aux savoirs et à la formation, tout aussi importante que celle de l’apparition du livre au XVe siècle.

Un système complexe:

Étymologiquement, compliqué (du latin cum pliare, empiler avec) signifie qu’il faut de la méthode pour comprendre l’objet d’étude, complexe (du latin cum plexus, attaché avec) désigne un objet fait d’intrications, où « tout est lié » et dont l’on ne peut étudier une petite partie de façon isolée. Etre «complexe» est la caractéristique de tout système.

«La complexité, telle que définie par Edgar Morin, est une question, non une réponse. La complexité est un défi à la pensée et non une recette de pensée.  La pensée complexe se propose de négocier avec les incertitudes et les contradictions. La pensée complexe vise, non pas à annuler par les idées claires et distinctes les déterminismes,  les distinctions, les séparations, mais à les intégrer. On ne peut pas réduire la complexité.»[2]

On pourrait dire sans doute que l’école – et ce qui s’y joue – a toujours été complexe, que l’apprentissage a toujours été un processus mystérieux avec de nombreuses imbrications, ainsi que les relations humaines, la communication, l’alchimie du groupe, mais nous ne le savions collectivement pas aussi clairement. C’était un blind spot,  un point aveugle. Ce n’est pas forcément le réel qui change radicalement, mais notre interprétation du réel qui évolue.

Elle évolue parfois sur la durée et parfois par bonds, comme si des pans entiers nous étaient révélés, parce qu’un penseur, un scientifique a pensé le réel et que les concepts qu’il apporte l’éclairent très différemment.

Tant que l’on a considéré collectivement que l’autorité des maîtres s’imposait aux élèves par la seule force de leur statut institutionnel, qu’ils étaient seuls dépositaires du savoir dans la classe qu’ils devaient transmettre, et que les ressentis de l’enfant et du maître étaient des données négligeables, seuls quelques chercheurs[3] visionnaires et isolés ont décrit cette complexité de l’école.

La tradition cartésienne française, qui organise le savoir grâce à une méthode analytique, qui réduit ce qui est compliqué en éléments simples, en objets d’études à maîtriser, a fortement imprégné notre culture universitaire et scolaire, jusqu’à la formation des enseignants, et les compétences nécessaires pour le devenir. Son objectif était de réduire la complexité, de canaliser l’esprit divergent dans un cheminement linéaire et rationnel, pour permettre à l’homme de maîtriser son propre esprit et le monde, d’apporter une méthode. Elle nous a partiellement rendus aveugles, en nous donnant du territoire une carte schématique (répartition en classes d’âge, disciplines scolaires, programmes scolaires), qui ne lui correspond plus vraiment.

Peut-on se former à la complexité et comment ?

 

[3] par exemple Edgar Morin, Philippe Perrenoud