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Atelier sur l’intelligence collective au Bon Sauveur au Vésinet

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25 enseignants et personnels éducatifs ont partagé pendant l’après-midi du 8 avril 2015 une réflexion sur la mise en oeuvre dans la classe d’activités et de projets susceptibles de mobiliser l’intelligence collective des élèves. Ils ont pour cela produit de remarquables powtoons ou diaporamas sur des projets existants ou à venir, où la collaboration et l’activité des élèves est la clé des apprentissages. Un atelier animé et vivant, de bonnes idées à exploiter!

Un exercice collaboratif à pratiquer en classe : la marguerite holomorphique

MargueriteRIl s’agit d’un exercice utilisé en entreprise en Team Building pour faire collaborer des groupes importants ( ex tout le personnel d’une entreprise ) et que l’on peut transposer à la classe. J’ignore qui l’a créé.

Il est nommé la marguerite holomorphique, car les participants sont répartis dans des groupes comme les pétales d’une marguerite et qu’à la fin chaque participant aura contribué au tout. Le retour en grand groupe ne sera donc pas nécessaire, sauf à vouloir revenir sur le processus de travail ou compléter du contenu.

L’exercice génère un effet ruche. La salle de classe installée en îlots peut convenir ( c’est souvent là que je le pratique) mais un espace plus grand type petit gymnase est plus adapté ( panneaux fixés au mur ou posés au sol ).

Je l’utilise en formation d’adultes et en classe de collège ( je pense que cela peut convenir pour tous les niveaux d’enseignement).

Un exemple de l’utilisation que j’en fais.

Une classe de 4ème mène une étude des personnages principaux des Misérables sur une séance de 2 heures.

J’explique les étapes de travail au fur et à mesure, pour ne pas créer de confusion au début.

Les élèves sont d’abord répartis dans des groupes aléatoires ou choisis selon le projet de l’enseignant, un groupe par personnage.

Ils doivent étudier le personnage à l’aide d’une fiche contenant un certain nombre de questions sur son évolution pour guider le travail. Il doivent élaborer une affiche contenant l’essentiel de leurs réflexions.

A l’issue de la première heure de travail, les affiches doivent être terminées et chaque membre de chaque groupe se voit attribuer un numéro de 1 à 5 ( plus ou moins selon nombre de personnes) et  les groupes sont re-formés par numéros ( on doit avoir le même nombre de groupes par numéro que de groupes initiaux, même si le nombre de participants dans chaque groupe n’est pas égal); tous les 1 se regroupent, tous les 2 etc.

Les nouveaux groupes se placent devant les panneaux. Dans chaque groupe il y a nécessairement un des membres qui a contribué à l’élaboration du panneau et qui va donc être le rapporteur du travail de son groupe initial.

Dans un temps assez court (par exemple 6′), le groupe doit écouter le rapporteur puis proposer des compléments, suggestions, questions, corrections et les noter sur l’affiche avec un feutre de couleur différente.

L’enseignant gère la rotation des groupes.

Celle -ci étant assez rapide, l’exercice est dynamique.

A l’issue des rotations, les panneaux contiennent le contenu apporté par le premier groupe, augmenté par les autres membres.

A l’enseignant de voir si des compléments sont encore nécessaires.

Cette méthode peut servir dans différentes situations : brainstorming en première exploration d’un concept, synthèse d’une séquence de travail, élaboration de projets etc…

Pour l’avoir pratiquée régulièrement,  je peux témoigner qu’elle est à la fois simple à mettre en œuvre et très impliquante pour les participants:

– ils sont tout à tour en position de produire et d’écouter.

– pendant la rotation ils sont entraînés  dans un mouvement assez rapide qui ne laisse pas de place à l’ennui ou à la dispersion.

– tous sont généralement impressionnés à la fin par la quantité de contenu qui a émergé au cours de la séance, bien plus que ce qu’aurait pu produire un cours magistral.

On peut ensuite faire un compte rendu des productions, les afficher dans la classe etc…

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Sylvie Fornero

Intervention à l’Université d’automne de l’association PREKOS

Rennes, du 20 au 22 octobre 2014

Quand on lit la presse sur les hauts potentiels dans l’entreprise, on décrit des personnes certes créatives et capables d’innovation, mais aussi ingérables, hors cadre et difficilement capables de collaborer. Or cette collaboration qui apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur de toute entreprise, n’est-ce pas à l’école de la préparer? Voici quelques pistes de réflexion autour de l’intelligence collective et du haut potentiel.

La coopération, au coeur de l’école de demain

Emmanuel Davidenkoff intitule sa chronique du 9 janvier 2014 « L’école du futur passera par la pédagogie coopérative », et s’agace des lenteurs de l’enseignement secondaire à changer de paradigme.

En décembre 2013 l’Uqam publie le travail de chercheurs scandinaves qui croisent les différents référentiels de compétences utilisés dans l’enseignement supérieur en Europe et aux Etats Unis pour aboutir à un classement des 10 compétences les plus recherchées au XXIe siècle.

La première compétence est la collaboration, la seconde la communication, la troisième l’usage des TICE.

Autant de signes concordant de la nécessité de penser la pédagogie dès le plus jeune âge autour de la collaboration, qui ne va pas de soi et ne peut se déployer que dans un cadre qui à la fois protège et autorise.